jeudi 26 janvier 2017

Bad buzz

Mes capacités de concentration sont limitées depuis quelques années. Je pourrais blâmer les réseaux sociaux, mon smartphone, et la technologie en général, mais la vérité c'est que plein de gens vivent sans tous ces bidules et se portent bien. Je pourrais en faire de même.

A cette distraction habituelle, celle qui m'arrête au milieu de cette phrase pour me dire "Tu pourrais te faire un thé...", s'ajoute en ce moment une sorte de ... bourdonnement.

J'en ai pris conscience fin 2016 et je ne sais pas comment le décrire autrement.
C'est cette sensation que vous ressentez quand vous êtes énervé. Celle qui donne l'impression que quelques chose a besoin de sortir et rode sous votre peau, celle qui vous dit que vous allez exploser à la figure de quelqu'un.

Cette sensation là. En continu.

Telle que vous me lisez, je suis en train de consciemment me forcer à ne pas regarder Twitter. Ma tête se tourne inconsciemment vers mon second écran à intervalles réguliers. C'est un peu comme une drogue. Je sais que ça ne me fera aucun bien, mais quand je l'utilise je me sens mieux. Ça me rassure. Car je sais.

Pendant les 2 minutes durant lesquelles mon pouce scrolle vers le bas pour dénicher les messages que j'aurais pu louper, je suis au courant. Rien ne peut me prendre par surprise.
L'info que j'absorbe comme ça est moins douloureuse. Moins que celle que je me bouffe en pleine gueule le matin quand mon réveil sonne et m'annonce que Trump a encore signé une énormité qui va réduire à néant des années d'avancées sur les droits de telle ou telle minorité.

C'est un choix débile. Tu préfères te prendre une goutte sur la tête, chaque minute, en continu, jusqu'à ce que le seau soit vide, ou qu'on te verse le seau en entier sur la tête d'un coup ?
Dans un cas, tu angoisses toute la journée, poussé à bout de nerfs par ce plic-ploc incessant. Dans l'autre, tu te retrouves trempé et gelé, a essayer tant bien que mal de reprendre ta respiration.

Alors je laisse les news se faufiler sous ma peau, l'une après l'autre, et rester là. Elles bourdonnent comme la neige à la télé quand l'antenne ne reçoit plus rien. Et cette sensation me rend folle, et j'ai envie de m'allonger par terre dans le silence le plus total pour juste avoir la paix cinq minutes et oublier que tout part en vrille.

Mais si je fais ça, j'ai l'impression d'abandonner mon poste de surveillance. L'impression que l'ennemi nous aura si je relâche ma vigilance juste un instant.

Donc je me laisse lentement glisser dans ce bain grésillant et je prie pour que ce que je sacrifie ne soit pas en vain.

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